FLEURETTE

Date de naissance (estimée) : 1993

 

L'histoire de Fleurette commence début août 2013. Notre amie Pascale découvre cette pauvre anesse lors d'un déplacement personnel en Lozère. Lorsqu'elle l'a aperçue avec cette énorme plaie sur le poitrail, remplies de mouches, avec des tumeurs malodorantes partout, son sang n'a fait qu'un tour et elle s'est empressée de nous envoyer les photos en nous suppliant de faire quelque chose pour elle.

L'ânesse, qui s'appelle FLEURETTE, est attachée par une corde autour de l'encolure. Sans eau et pouvant à peine bouger, elle est en plein soleil et il fait près de 40 degrés ! Des plaies ouvertes sont couvertes de mouches, elle présente aussi des sarkoïdes (tumeurs) un peu partout sur le poitrail, la tête et l'encolure...

 

Pour nous, impossible de laisser cet animal mourir à petit feu au bout de sa corde, sans eau et sans soin... Ayant appris par Pascale que l'ânesse avait été attachée au bord du chemin, toujours avec son nœud coulant, Paula décide de faire le voyage jusqu'en Lozère quelques jours plus tard, le 4 aout. Par précaution nous avons attelé le van dans le cas où il nous serait possible de sortir Fleurette de son enfer et nous sommes partis, Jean-Claude et Paula sur les routes tortueuses de montagne qui n'en finissaient pas de grimper. Deux heures après, nous arrivions et avons pu, d'un coup d’œil, évaluer l'urgence de la situation. Si par bonheur l'ânesse n'était pas munie d'une puce électronique, elle n'aurait pas de propriétaire puisque l'identification est obligatoire depuis 2008 et, n'appartiendrait de ce fait, à personne. Vite, vite Pascale lui passe le détecteur de puce sur l'encolure et une deuxième fois, et une troisième, mais rien ne se passe et nous constatons avec joie qu'elle est tout simplement SDF, attachée sur le bord d'un chemin et que nous nous devons de lui porter secours !

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous la faisons monter dans le van, elle est couverte de mouches, une odeur de charogne s'échappe de ses plaies, pauvre petite il est vraiment temps de la soigner, elle est en train de pourrir sur pied ! Le voyage de retour se passe bien, elle ne bouge pas, la plupart des mouches est partie et déjà, on a l'impression qu'elle se sent mieux. Arrivée au refuge ses plaies sont lavées à la béthadine savon et désinfectées, il fait très chaud et nous l'installons dans un box pour qu'elle soit à l'abri des insectes.

Au plus on la regarde, au plus on découvre des tumeurs sarcoïdes encore internes mais bien présentes. Notre vétérinaire a le même discours que nous, c'est bien les plaies provoquées par les mauvais traitements qui ont fait que les sarcoïdes se développent à la vitesse grand V sur les zones blessées par l'attache qui serre son cou par un nœud coulant et frotte son poitrail au sang. Ensuite la corde passe entre les antérieurs et provoque un frottement jusque dessous le ventre, autre zone infestée par les sarcoïdes. En plus, elle secoue sans arrêt ses immenses oreilles et les tape très fort sur l'arbre où elle est attachée habituellement.
Nous sommes assez effrayés par le nombre des chapelets de tumeurs présents sur cet animal et son pronostic vital à long terme est un grand point d'interrogation.

Certes, notre vétérinaire pourra intervenir chirurgicalement sur l'oreille où le pédoncule n'est pas développé et peut-être sous le cou dès que la température baissera car nous avons encore des températures de 28 ou 29 degrés. En attendant, on soigne du mieux possible les plaies et il y a d'assez bons résultats, il nous reste à croiser les doigts pour qu'elle guérisse complètement ...

Après 20 jours de soins, les plaies du poitrail sont bien différentes !

Désinfectées et plus aucune mouche, c'est mieux !

 

Il faut bien préciser que la personne coupable de mauvais traitements sur cet animal a déjà été dénoncé par Paula aux services vétérinaires et qu'elle avait été condamnée à payer une amende de 4 000 € pour défaut d'identification de ses veaux qui pour certains, ont été abattus et dépecés dans son garage ! Il n'en est pas à son coup d'essais, tout un troupeau de chèvres a été décimé par les grands froids lozériens, il y a quelques années et chaque hiver, il perd plusieurs vaches qui meurent dans les congères, mais comment l'arrêter ? C'est désespérant...

Malheureusement, tous nos bons soins n'ont pas pu venir à bout des sarkoïdes les plus impressionnants et, le 2 octobre 2013, notre vétérinaire vient au refuge pour tenter une chirurgie sur Fleurette. Tout se passe bien, l'opération se fait sous anesthésie légère (et anesthésie complète localement), Fleurette reste debout mais complètement dans les vapes ! Tout d'abord, Cécile enlève l'énorme tumeur sur l'oreille mais, s'apercevant qu'il était très pédiculé, notre super véto a du couper dans le cartilage, en forme de V pour être certaine qu'il n'y ait pas de repousse. Elle a ensuite cousu à petit points et ajouté des agrafes, car l'oreille est très irriguée et saigne énormément. Le travail fini, c'était impeccable, un petit coup de bombe d'alu et voilà un poids de moins pour cette pauvre fifille qui remuait sans cesse cette immense oreille !

 

Pour le poitrail, elle a décoller minutieusement toute la peau qui recouvrait les tumeurs afin de la récupérer pour pouvoir refermer la plaie. Un travail extraordinaire, vous dis-je et, après avoir enlever plus de 250 grammes de ces vilains sarcoïdes, elle a refermé et cousu à la manière d'un couturier professionnel, quelques agrafes en plus et c'était magnifique !

 

Nous sommes très contents des résultats post-opératoires et espérons avoir fait un grand pas en avant pour la guérison de notre ânesse. Mais avec les animaux, rien n'est si facile et il faut dire que Fleurette ne nous facilite pas la tâche !! En effet, dès le lendemain matin, nous constatons, dépités, qu'elle s'est allègrement gratté contre la porte de son box, elle a arraché toutes les agrafes et la plaie est béante !

Deux heures de travail pour en arriver là ! Vraiment, Fleurette, tu es vilaine !!! Nous devons donc lui faire un gros bandage et aussi installer une grille à la porte de son box, afin qu'elle ne puisse plus se gratter !

Un peu frustrant pour elle mais c'est le prix à payer pour que tout cicatrise correctement.

 

Les jours suivants, malgré tout, la plaie guérit plus rapidement que nous l'espérions. Fleurette ne nous fait plus de mauvaise blague et se montre patiente ! Très gourmande, il faut dire qu'avec elle, on ne lésine pas sur les carottes pour la féliciter de sa bonne conduite ! C'est une ânesse adorable, malgré tous ces soins délicats et douloureux, elle ne bronche pas, c'est un amour !

Les mois suivants s'écoulent. La plaie est parfaitement cicatrisée mais nous surveillons quand même notre Fleurette de très près car lors de la chirurgie, Cécile a enlevé les plus grosses tumeurs mais il en reste toujours, inopérables, et les sarkoïdes récidivent très facilement. Et, comme nous le craignons, petit à petit plusieurs apparaissent et grossissent sur le poitrail, mais aussi sur la tête, autour des yeux et sous le ventre... Au cours de l'année 2014, plusieurs petites chirurgies sont pratiquées pour tenter de limiter l'évolution mais rien n'y fait, les tumeurs sont partout et évoluent à une vitesse hallucinante !

Nous sommes désormais en 2017. Fleurette est toujours avec nous, mais ses tumeurs se sont multipliées encore et encore. Cécile a renoncé à l'opérer, à chaque fois c'est lourd et douloureux pour elle et ça ne sert malheureusement pas à grand chose. Bien sûr, nous ne l'abandonnons pas pour autant. Au quotidien, les sarkoïdes externes sont désinfectés et soignés ; du printemps à l'automne, il nous faut appliquer des lotions pour repousser les insectes, c'est tout ce que l'on peut faire... Malgré tout, Fleurette est plutôt en forme. Elle est toujours aussi gentille, gourmande et câline. Elle vit désormais dans un parc avec son copain Pistou, tous les deux sont inséparables et s'entendent à merveille !

 

Bien sûr, nous sommes bien conscients que sa pathologie deviendra un jour ingérable. Progressivement, les tumeurs risquent d'envahir tout son corps et lorsque son confort de vie deviendra trop difficile, il nous faudra prendre une décision pour elle et ne pas la laisser souffrir. Mais à ce jour nous n'y sommes pas prêts du tout, elle est encore tout jeune (elle aurait une quinzaine d'années) et nous espérons la garder le plus longtemps possible avec nous !

 

Toujours ronde à souhait, on peut dire qu'elle ne se laisse pas abattre, notre fifille !! Une gourmandise sans limite, on peut même dire qu'elle est très gloutonne et que nous avons du mal à lui faire garder la ligne !

 

 

L'histoire de FLEURETTE vous a touché ? Vous souhaitez devenir son parrain / sa marraine ? N'hésitez plus ! Pour cela, envoyez-nous un courrier en précisant votre demande, accompagné d'un chèque de 20 € à l'ordre de l'Association CHEVAL. Nous vous enverrons alors au plus vite le contrat de parrainage et quelques photos de votre filleule.

A ce jour, Fleurette n'a que 2 parrainages et serait ravie de rencontrer de nouveaux parrains/marraines !

D'avance, un grand merci pour elle !

ASSOCIATION C.H.E.V.A.L

Domaine du Valat de Ramel

Route de Servas

30340 SALINDRES